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  • : Dominique
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  • : 09/11/1948
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  • : Je suis Corse.J’aime Poésie,Littérature,Peinture, Dessin et la Création sous toutes ses formes.Pour me décrire quelque peu,je dirai que je possède (hélas) beaucoup de traits caractéristiques, inhérents à mon signe astrologique:Le Scorpion

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MES ECRITS

Dimanche 30 août 2009



NOUVELLE

 

" JOSEPHA "

 

 

Josépha , callée entre deux oreillers attendait qu’on lui apporte son  petit déjeuner. Le regard  dans le vague , elle semblait fixer sans pour autant le voir, le mur lui faisant face  quand le bruit que fit la porte en s’ouvrant, la tira de sa torpeur

- Bonjour Madame Magnant  dit en souriant l’aide soignante tout en déposant le plateau sur la table  près du lit .

- Avez vous passé une bonne nuit ?

- Ni meilleure , ni pire qu’à l’ordinaire  Mireille. Pour moi toutes les nuits et tous les jours se ressemblent  et ce , depuis des années. Combien au juste Mireille ? Depuis combien de temps suis-je ici  dans cette maison de retraite ? Ma pauvre tête a des défaillances. Il est vrai, que mes points de repère sont bien ténus. J’ai cette curieuse impression , que le même jour et la même nuit  se répètent indéfiniment.

 

 L’aide soignante tout en approchant la table du lit répondit :

 

- Je comprends cela Madame Magnant. Vous ne quittez pratiquement jamais cette chambre, sinon aux heures des repas ; Cela n’est pas bon pour vous. Pour répondre à votre question ? Hé bien… ça va faire onze ans que je travaille dans cet  établissement et, je vous y ai toujours vue, mais si vous le souhaitez , je peux aller me renseigner auprès de Madame la Directrice et revenir  vous dire ça, de façon très précise.

 

- Non Mireille, non ! Ne vous dérangez pas ! Vous avez assez de travail comme cela à vous occuper de tous les pensionnaires et d’ailleurs à quoi bon ? Qu’est-ce que cela changerait si je connaissais la date exacte,voulez vous bien me dire ? Sinon à me rendre plus mélancolique encore.

 

Car en effet, mélancolique , Josépha l’était et cela depuis fort longtemps. Cette dame âgée,  dont l’outrage du temps n’avait pu totalement altérer  la finesse des traits; Si elle avait oublié la date de son admission dans cette maison de retraite, n’ avait pas pour autant oublié les raisons qui l’y avaient fait entrer et celles-ci, l’avaient meurtrie à jamais.

Elle se souvenait très bien ; Trop bien, de ce jour d’automne  où, son unique petite fille, jeune femme dynamique, dont la situation professionnelle prévalait sur la vie privée, lui avait fait part de son intention de « la  faire entrer en résidence », terme quelque peu lénifiant et remplaçant avantageuseent,  celui plus déplaisant,  de « placer en maison de retraite ». Cette petite fille  qu’elle avait élevée, lorsque sa propre fille ainsi que son gendre, avaient trouvé la mort dans un accident de voiture, laissant  alors une gamine  de trois ans. Josépha accablée de chagrin à la mort de son unique  enfant, avait obtenu la garde de la fillette. Cette enfant qu’elle chérissait  et qui, dès lors, devint le centre de sa vie.

 

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Par Dominique
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Lundi 2 février 2009

Josépha ne sut plus que répondre…. La petite aurait-elle fait un rêve au cours duquel l’esprit de Maxence se serait manifesté a-elle ? Je ne puis le croire pensa Josépha. Elle tenta de dissimuler son trouble mais sa voix trahissait celui-ci, lorsqu’elle déposa pour faire diversion , le plateau déjeuner sur le lit et que, d’une voix qu’elle voulut assurée, elle répondit à la gamine.

 

- Ce n’est rien ma Chérie, ce n’est qu’un cauchemar. Dépêche toi de boire ton chocolat, avant qu’il ne refroidisse !

 

- Un cauchemar c’est un mauvais rêve, hein Maman ? Qu’on fait quand on dort ? Mais moi je ne dormais pas !

 

- Comment cela, tu ne dormais pas ?

 

- Hé bien non ! Puisque papa est venu me réveiller, comme tu le fais toi, en posant un bisou sur ma joue.

 

Josépha ne laissa rien paraître du trouble qui l’envahissait. Pourtant, il lui sembla que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement les battements en étaient intenses. Elle voulut en savoir plus, mais n’osa pas brusquer la fillette, par trop de questions. Sur un ton qu’elle souhaita enjoué,  elle  finit par lui dire

 

- Mais que me dis-tu là Chérie ? Papa serait donc revenu ce matin et serait reparti, sans même venir me dire bonjour ? 

 

- Il n’est pas venu ce matin, mais cette nuit.  Il m’a dit :  J’ai entendu tes pleurs et je ne pouvais pas laisser ma petite Chérubine, se lamenter de la sorte, alors je suis venu mais hélas, je n’ai que très peu de temps !  Dis Maman c’est quoi chérubine ?

 

Josépha ne put répondre à cette question. Elle se laissa choir dans le fauteuil de la petite chambre et, une main posée sur sa bouche ne put détacher son regard de celui de sa fille.

 

- Dis maman , pourquoi tu dis rien ?  Je t’ai posé une question !

 

- Oui…. ! Quoi  ?  Mais … Bien sûr ma Chérie que me demandais-tu ?

 

-  Je te  de..man.. dais : C’est quoi chérubine ??

 

Essayant de recouvrer ses esprits, elle réussit à balbutier :

 

- Chérubine !  C ’est le nom que te donnait ton papa lorsque tu n ’étais encore qu’un tout petit bébé, il disait que tu ressemblais à un petit ange, un «  Chérubin » il te donna donc ce surnom de Chérubine.

 

- Et pourquoi je m’en rappelle pas  alors ?

 

En temps normal, Josépha aurait repris la fillette, lui expliquant que l’on ne disait pas : Je  m’en rappelle pas ! Mais, je ne me le rappelle pas ou bien, je ne m’en souviens pas. Mais était-elle encore en temps normal ? Bien que cartésienne, elle dut s’avouer que ce qu’elle était en train de vivre était pour le moins mystérieux. Elle essaya du mieux qu’elle le put, d’analyser les évènements. Comment une enfant de six ans, pouvait prononcer un mot, un néologisme de surcroît, inventé par son papa ? Ce surnom  qui lui avait affectueusement donné, lorsqu’elle était encore dans ses langes, comment la petite, aurait-elle pu s’en souvenir ? Même, elle, sa mère, l’avait oublié. Le souvenir n’ avait ressurgi, que lorsque sa fille avait prononcé ce nom. Elle savait très bien n’avoir jamais parlé de cela à Camille, ce n’était qu’un mot doux, un mot d’amour, parmi tant d’autres. Comment donc la fillette aurait-elle pu l’apprendre, sinon de la bouche même, de celui, qui le lui avait donné.  Mais celui-ci n’était plus... Alors… ?  

En évitant de provoquer chez l’enfant le moindre trouble et, en s’évertuant de garder un air aussi naturel que possible elle lui répondit !

 

- Mais tout simplement parce que tu étais bien trop petite ma Chérie et qu’il t’est impossible que de t’en souvenir ! Mais dis-moi, comme était papa, lorsque tu l’as vu, te souviens  tu… des vêtements qu’il portait par exemple…. ?

 

- Oh oui je m’en souviens !  Même bien, même que j’ai bien  ri, en le voyant habillé comme ça en pleine nuit. Il avait un chapeau haut avec une grande plume et portait une drôle de veste posée sur une épaule. sur sa chemise il y avait comme de grands « huit » blancs mais tu sais, pas comme on les écrits à l’école, ils étaient très longs et dans l’autre sens. Son pantalon était très serré et il avait des bottes noires et un long couteau qui descendait presque par terre. Il était rigolo, mais  tu sais ; lui ne riait pas, son visage était blanc et il avait l’air triste !

 

Le doute n’était plus permis parce que lorsque Maxence décéda, ce fut au cours d’une reconstitution Historique de « Guerres Napoléoniennes » et il était habillé…. en Hussard. Que voulait dire cela ? Josépha était une personne raisonnée, mais elle dut bien admettre que ce qui se passait là, était pour le moins étrange.

 

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Dominique

Par Dominique
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Lundi 2 février 2009

De ce jour, Camille changea, elle ne fut  plus la petite fille enjouée et parfois capricieuse, elle avait comment dire ; Mûri. Il sembla  qu'elle eut acquis, au cours de cette mémorable nuit, beaucoup plus d’expérience, de savoir, mais en même temps, perdu de sa spontanéité, de son ingénuité. Son regard était toujours empreint de tristesse et durant de longs mois, Josépha l’avait souvent surprise dans des attitudes paradoxales. Assise dans un fauteuil, le menton appuyé dans les paumes de ses mains, bouche bée, elle paraissait écouter religieusement. D’autres fois, elle souriait et parfois, riait aux éclats, comme si quelqu’un venait de lui raconter une histoire drôle, alors que dans un cas, comme dans l’autre dans la pièce où elle se trouvait, il n’y eut jamais qu’elle. Josépha fut longtemps inquiète de l’attitude de sa fille, bien évidemment, plus d’une fois elle tenta d’emmener la conversation sur ces comportements, mais, à chaque fois, Camille s’y soustrayait habilement, jusqu’au jour où, elle demanda fermement à sa mère de ne plus lui parler de cela, prétendant qu’elle s’inventait une petite camarade, car elle n’avait jamais personne, avec qui pouvoir jouer. Il est évident que Josépha ne fut pas convaincue par la réponse, pas plus du reste qu’elle ne fut rassurée ; Mais connaissant bien la détermination de sa fille, elle savait que l’enfant, ne se départirait jamais de cette justification et qu’elle, sa mère, était bien obligée de s’en satisfaire.

Camille allait bientôt fêter ses sept ans et Josépha qui n’avait jamais osé, depuis les dénégations de la fillette, lui reparler de Maxence, par peur d' ouvrir la boite de « Pandore » s’obligea cette fois, à le faire... Sa fille était en droit de savoir pour son père, et ce, depuis longtemps. Elle tenta une approche :

 

- Camille, je ne te vois plus faire de dessins pour ton papa, comme tu le faisais il y a quelques mois !

 

La fillette sans lever la tête du livre de contes, qu’elle était en train de lire, lui répondit :

 

-Pourquoi voudrais -tu que j’en fasse Maman, puisque je ne pourrai jamais les lui donner ?

 

 Josépha profita de ce que la gamine ne se fâcha pas, pour poursuivre.

 

-Viens ma Chérie, viens, je voudrais que nous parlions toutes les deux de papa, si tu veux bien ?

 

Camille sagement ferma son livre.Son visage s’était quelque peu rembruni à cette demande ; mais très obéissante, elle vint s’asseoir auprès de sa mère, à laquelle elle ne voulait faire aucune peine.

 

-Je sais ma petite fille, que depuis bien longtemps tu as compris que ton papa ne reviendrait pas comme je te l’ai laissé croire. Tu étais à mes yeux si petite pour comprendre, je voulais te laisser encore un peu de temps, encore un peu d’espoir. Il est si difficile que d’annoncer, à une petite fille de six ans, qu’elle ne reverra jamais le papa qu’elle adore, tandis qu’on la voit lui écrire, attendre, si patiemment ce retour espéré. Je n’ai pas eu le cœur de te causer cette douleur vois-tu ? Mais j’ai surtout été lâche. J’ai eu peur de te perdre, en étant la cause de ton chagrin. Je me disais toujours, me leurrant moi-même, que demain serait un nouveau jour et qu’alors, je trouverai les mots les plus justes, les plus doux, pour te faire accepter l’inacceptable et, de lendemain, en lendemain, le temps  passa. Puis, un soir tu as rêvé ton papa et c’est toi alors, qui m' a surprise, en me faisant des révélations et, la description exacte, de l' uniforme qu’il portait le jour de son « départ » et j’ai été plus surprise encore, lorsque tu as prononcé le nom qu’il t’avait donné étant bébé. « Chérubine ». Là, j’ai bien compris que ton papa s’était manifesté à toi, à travers le rêve, qu’il désirait que tu saches.Tu savais désormais, mais malgré ce, je n’ai pas réussi à t’avouer la vérité. Me pardonneras-tu jamais ma Chérie ?

 

Elle craignit d’avoir perdu à jamais la confiance de la fillette. C’est alors que Camille, lentement se leva et se jeta dans les bras de sa mère, pour lui signifier tout son amour. Elle balbutia simplement :

 

- Pourquoi papa est-il mort ?

 

Josépha trouva ce mot, déjà si difficile à prononcer pour un adulte, plus triste encore, dans la bouche d’un enfant, mais se contenta de répondre :

 

-Ton papa avait un très grand  cœur sais-tu ? Mais ce cœur-là, aussi grand qu'il fût, était malade. Un jour, alors qu’il se trouvait, avec ses amis, comme lui, costumés en soldats, son coeur s’est arrêté de battre ! Comme une horloge qui s’arrête de compter les heures. Comprends-tu ? 

 

- Mais pourquoi, on n’a pas réparé son cœur dis maman ! Comme on répare les horloges ?

 

- Parce que ce n’était pas possible mon amour !

 

- Eh bien moi, maman !  Un jour je réparerai les cœurs, pour qu'ils ne s’arrêtent jamais plus !

 

Elle avait dit cela d’un ton si déterminé, que Josépha en eut les larmes aux yeux.

 

- Tu ne pourrais choisir plus beau métier ma petite fille, mais pour cela il te faudrait beaucoup beaucoup, travailler ! 

 

- Je travaillerai beaucoup, beaucoup, maman ! Mais je réparai les cœurs !


 



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Dominique

Par Dominique
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Dimanche 1 février 2009

 Tout en avalant à petites gorgées son thé au lait et, en grignotant machinalement, sa biscotte beurrée, Josépha, se remémora certaines époques de sa vie….

Son mariage… Heureux s’il en fut, avec Maxence, ce jeune homme dont elle avait fait la connaissance en classe de terminale. Il avait fait toutes ses études au Lycée Français de Londres où, son père diplomate, était alors en poste. Maxence, son premier et son unique amour.
Leurs fiançailles avaient duré, cinq longues années, pour aboutir enfin, à une union qui combla sa vie de femme puis, bientôt de mère. En effet, alors âgée de vingt cinq ans, Josépha avait donné le jour, à une merveilleuse petite fille, Camille, qui venait magnifier leur amour. La jeune femme, atteignit avec cette naissance, l’apogée du bonheur au point tel, qu’elle en éprouva inconsciemment, un sentiment étrange. Elle n’aurait pu  dire pourquoi, mais une sorte de crainte l’étreignait. Elle pensa qu’un bonheur aussi fort, aussi intense, n’était pas fait pour durer. Son pressentiment, hélas, se vérifia six ans plus tard, lorsque, Maxence décéda d'un arrêt cardiaque à l’âge de trente et un ans, la laissant  désormais, seule avec sa fille.

Elle dut alors, sans autre secours que son salaire, assumer l’éducation de l’enfant, qui sans cesse demandait, quand son papa allait revenir. La fillette, faisait pour ce papa, dans l’attente de son retour, de jolis  dessins, sur lesquels, d’une écriture mal habile, elle traçait des mots emplis d’affection, comme seuls, les enfants savent le faire, avec tout leur cœur, tout leur amour et surtout toute leur innocence. Chaque jour, la petite fille espérait, que ce serait enfin  «Le » jour où , elle pourrait  alors offrir  à son papa, ses merveilleux dessins ; Et le soir arrivait mais, point de papa !  Peut-être demain …espérait-elle. Résignée, elle allait ranger le nouveau dessin, parmi ceux, déjà nombreux, qui s’entassaient dans un des tiroirs de son petit bureau. Josépha que les agissements de l’enfant rendaient plus malheureuse encore, se sentant coupable de trahison envers elle, prétextait, quand cela lui était trop difficile à supporter, une légère indisposition, afin que de pouvoir se retirer dans sa chambre et laisser libre cours à son chagrin. Le jeudi, jour de la semaine,où la gamine n’avait pas classe et, où elle pouvait alors, faire la grasse matinée ; Josépha lui préparait un plateau de petit déjeuner et le lui apportait dans sa chambre, sachant à quel point, la fillette aimait, lorsque sa maman, venait ainsi l’éveiller,  en déposant sur sa joue, un long et doux baiser, après avoir tiré les rideaux pour laisser entrer la lumière.

 

Or, un jeudi, pareil aux autres en apparence, lorsque Josépha pénétra dans la chambre, comme à l’accoutumée et, après qu’elle eut tiré les rideaux, elle se dirigea vers le lit pour réveiller la fillette. Surprise, elle la trouva assise dans son lit, sans mot dire. Son visage était pâle et des sanglots spasmodiques, secouaient son petit corps. Josépha déposa aussitôt,  le plateau sur le petit bureau et se précipita au chevet de sa fille.

 

- Qui y a -t - il ? Ma chérie, pourquoi ces larmes ?  

 

- Parce que papa ne viendra plus  !

 

 répondit l’enfant,au comble du désespoir, le visage maintenant enfoui dans son oreiller,  

 

- Mais ne dis donc pas de sottises, chérie, voyons ! Ne t’ai-je pas dit, que papa allait revenir ?

 

- Toi, tu me l’as dit ! Mais lui m’a dit qu’il ne reviendrait plus!

 

Objecta Camille, la  voix étouffée par l’oreiller.

Cette réponse ; Laisse Josépha interdite.

 

 

 

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Dominique

 

Par Dominique
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Mercredi 17 septembre 2008

Quelqu’un toqua à la porte de la chambre de Josépha. Pas de réponse…. La personne tourna le loquet et entra doucement dans la pièce. S’approchant du lit, elle entendit des gémissements.  

- Josépha… ! Josépha  !  Qu’ y -a -t’il ?


 
De sous les couvertures, émergeât le visage éploré, de Josépha, que l’on venait de tirer du sommeil.

 
- Oh... !  C’est toi ?  

 
S’écria -elle en se jetant au cou de la personne penchée sur Elle.  

 

- Si tu savais ce que je viens de vivre. Ma vie ne fut que tristesse que chagrin….. C’était atroce, Abandonnée dans une maison de retraite…. si âgée…. C’était horrible ! Horrible….   Maman !

 

 - Mais  enfin ma Chérie, ne te mets pas en de pareils états, ce n’est qu’un cauchemar ! Ne me dis pas que tu n’as jamais fais de cauchemar auparavant ?

 

- Si bien sûr maman , Mais celui-ci n’était pas comme les autres, il était tellement intense, tellement vrai ! Je revois les visages de toutes ces personnes qui ont jalonné cette vie qui était la mienne ; Je me souviens de leurs noms, de leurs prénoms… C’était si terrible maman, Je perdais d’abord mon mari, que j’aimais très fort, puis ensuite ma fille unique : Camille, une belle jeune femme que j’adorais, elle était  si belle maman ! Si tu l’avais vue !  Si belle ....Elle était chirurgien. 

 

- Je t’en prie, Josépha ! Calme toi, ma petite fille ! dit Madame VASSEUR, le véritable patronyme de Josépha.

 

 - Tu n’as pas encore dix huit ans ma chérie, tu vois bien, que tout cela n’est qu’un mauvais rêve !Allons  ,allons ! Ma grande fille redeviendrait-elle un bébé, qui a peur du noir et d’un vilain rêve ?

 

- Mais tu ne peux savoir qu’elle était la force de celui-ci, je n’ai rien oublié, la maison que j’habitais sur les hauteurs de Nice ; Maxine ma petite fille, le chien «Derby » qui nous accompagnait dans  toutes nos promenades. Les deux gendarmes qui sont venus me prévenir de l’accident ! Je me souviens de tout maman ! Je m'appelais madame MAGNANT, madame Maxence MAGNANT !

 

- Josépha, je ne t’ai jamais vu ainsi, ma Chérie, je t’assure que maintenant tu m’effrayes, si ce cauchemar t’a ,  à ce point troublée, veux-tu que j’appelle le médecin ? Il pourra te prescrire un calmant. Ne pleure plus ma petite fille, je t’assure que c’est fini ! fini !  Ce cauchemar ne reviendra plus !

 

Puis se levant, Madame VASSEUR, prit sur la coiffeuse, dans la chambre de sa fille un miroir et le lui tendit.

 

- Regarde-toi Chérie ! Regarde ce joli minois. Est-il celui d’une grand-mère dis ?  Si oui, alors j’ai hâte de le devenir !  Ironisa-t-elle.

 

Josépha regarda son visage dans le miroir, passa lentement une main sur celui-ci, avec l’air surpris de ne point  y trouver traces de rides. Le miroir ne lui renvoyait, qu’un joli visage encore poupin et de grands yeux, rougis par les larmes.

 

Sa mère l’attira contre elle, la serra très fort entre ses bras, en disant  :

 

- Je crois retrouver là, ce gros bébé que tu étais, il n’y a pas si longtemps ! Tu es si émotive, si sensible !  Allez, ma fille debout ! Extrais-toi de ton lit et viens prendre ton petit déjeuner, cela te fera le plus grand bien ! Je descends te le préparer !

 

 Josépha se leva, mollement, l’esprit encore habité par le rêve, Ce jeune corps maintenant nu, que réfléchissait  la psyché, lui sembla appartenir à une autre. Elle passa ses mains dans ses cheveux, les ébouriffa, comme pour en extraire des particules de rêve, qui auraient pu s’y  agripper, enfila la petite robe légère qui était posée sur le dossier de sa chaise, se glissa dans ses chaussons est descendit.

 

L’arôme du café chaud s’exhalait dans la cuisine. Les toasts, le beurre et la confiture avaient été déposés sur un plateau, près du grand bol de faïence. 

 

- Veux-tu déjeuner ici où sur la terrasse ? lui demanda sa mère, - Cette fin d'été est magnifique, tu devrais en profiter !

 

 - Oui, oui  bien sûr ! Je vais prendre mon petit déjeuner dehors ! 

 

Répondit Josépha d’une voix atone.

 

Elle déposa son plateau sur la grande table de bois, s’assit et but, à petites gorgées, son café fumant.  Cet instant lui en rappela un autre, très  récent, ce n’était pas du café alors, c’était du thé au lait, ce n’était pas sur la terrasse, c’était …. Ailleurs ?

 

Elle eut ce jour-là, beaucoup de mal à contrôler son esprit qui vagabondait.

 

Mais Josépha comme toute, adolescente, entourée par ses camarades, oublia vite ce cauchemar qui l’avait pourtant tellement troublée. Elle profita des derniers jours de vacances pour se distraire, s’aérer l’esprit  avant la rentrée scolaire, car cette année qui se profilait, était celle de Terminale et serait non seulement déterminante, mais également très stressante. Le bac en étant l’aboutissement.

 

Septembre était arrivé et Josépha savait que dès lors, les sorties ne seraient qu’assez rares. Elle était une adolescente très studieuse et voulait se donner les moyens d’obtenir son bac dans les meilleures conditions.  La veille de la rentrée elle avait eu une longue conversation téléphonique avec sa meilleure amie et lui avait demandé de passer la chercher pour effectuer ensemble cette rentrée.

 

-Si tu veux passer un peu plus tôt, lui avait elle dit en substance, nous prendrons ensemble un petit déjeuner et nous partirons  ensuite tranquillement !

 

Ce qu’elles firent le lendemain.

 

L’ arrivée au lycée fut source de retrouvailles avec les copains et copines des années précédentes. La fébrilité s’installa, les questions fusaient, on s’enquérait un peu partout, de savoir quels seraient les professeurs que l’on devrait avoir, si ceux-ci  étaient sympathiques, intéressants. Josépha entrait en terminale Littéraire.

 

Presque deux mois s’ étaient écoulés depuis lors et Josépha, avait noué de nouvelles relations avec lesquelles, elle avait des échanges aussi amicaux que  fructueux. Les professeurs savaient capter son attention et l’année s’annonçait sous les meilleurs auspices. Un matin vers la fin du trimestre, alors que Josépha se trouvait en classe de Philo. la professeur, après avoir en entrant salué les élèves, leur dit :

 

- Mesdemoiselles et Messieurs, je vous demande toute votre attention ! Aujourd'hui est un jour particulier pour une personne qui va intégrer votre classe. Commencer l’année scolaire en cours de trimestre, même s'il s’agit du premier, n’est pas chose évidente. Cette personne arrive d’Angleterre.  Jusqu'à ce jour, elle a fait toute sa scolarité, au Lycée Français de Londres, où, Monsieur son  père était en poste. Je vous demanderai donc , de réserver à cette personne, le meilleur accueil qui se puisse être et de lui souhaiter la bienvenue parmi nous !

 

Elle  se dirigea vers une porte latérale à son bureau,  l’ouvrit et convia ladite personne à pénétrer dans la classe. Un jeune homme blond, de belle allure entra. Tous les regards convergèrent vers lui et particulièrement ceux des jeune filles.

 

Le professeur  dit alors :

 

Je vous présente à toutes et tous :  Maxence ….  

Maxence MAGNANT
!

                                                                         




F I N



( Nouvelle écrite en juin 2007 )


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Par Dominique
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Mardi 16 septembre 2008

- Maman ! Ce n’est qu’une supposition !  Je vais te demander de bien vouloir m’écouter, sans t’offusquer de ce que je vais te dire et, sans m’interrompre si tu le peux. Je me sens si faible ! Donc maman, si je ne devais pas m’en sortir, je te confie ma fille et Frédéric,  c’est avec toi, tout ce que j’ai de plus cher en ce monde. Je voudrais que tu aides  Frédéric à faire de notre fille, une femme digne, responsable, que vous lui enseigniez, tous ces préceptes, que tu as si bien su m’enseigner Maman….

 

Camille s ’interrompit brusquement tourna la tête vers la gauche, comme si quelque chose avait attiré son attention.

 

- Ah  Chéri ! tu es là ? Mais je ne t’ai pas entendu entrer ! J’étais en train d’expliquer à maman, que s’il devait m’arriver quelque chose, elle devrait t’aider à faire de notre fille une femme, digne de ce nom.

 

Josépha était anéantie, elle devint blême, sa fille avait-elle perdu la raison ?

 

- Mais à qui parles-tu ma toute petite ?

 

- Mais enfin à Frédéric Maman ! qui d’autre, appellerais-je chéri ?

 S’efforça -t-elle de répondre  en souriant. Mais voyant les yeux épouvantés de sa mère elle comprit.

 

- Comme il est pâle, aucune ecchymose...pas la moindre trace de séquelles... Mais bien sûr ! Ho ! Non... !  C’était donc ça ! Tu le savais toi maman, dis ? Tu le savais !!  Et moi qui te demandais de l’aider à élever Maxine !

 

Elle éclata en sanglots tandis que Josépha, recroquevillée dans son fauteuil, la tête entre ses mains, pleurait doucement. Un long silence se fit dans la petite chambre, puis d’une voix calme Camille appela sa mère.

 

- Maman, je ne m’étais pas trompée, vois-tu ? Je vais devoir partir, Frédéric est venu me chercher !

 

- Non ma fille, ce sont les effets de l’anesthésique qui te font délirer, ou peut-être bien, la fièvre. Je vais appeler une infirmière !

 

- Aurais-tu déjà oublié que je suis aussi médecin, ma petite maman ? 

 

Elle regarda le monitoring et les constantes  lui confirmèrent ce que son corps, lui avait déjà indiqué. la vie la quittait peu à peu.

 

- Il n’est pas nécessaire que tu appelles une infirmière petite mère, dans peu de temps, c’est elle qui va ouvrir cette porte. Je sais que ce que tu es en train de vivre est atroce, Dieu m’a épargné cela ; Mais je t’en supplie soit forte maman. Je te confie ma fille, notre fille, je sais qu’avec toi, elle ne peut être en de meilleures mains. Je voudrais, avant que de partir…. te faire part d’une dernière volonté. Je n’ai plus…. beaucoup de temps….. Je voudrais que… Te souviens-tu de ce que nous…... avions lu ensemble sur  Léopoldine VACQUERIE, le fille ….. de Victor HUGO ? Lorsqu’elle …. se noya et que son époux ….. n’ayant pu la sauver…malgré ses tentatives et….. ne  pouvant accepter… de vivre sans d’elle….. se laissa volontairement couler….Ils furent ensevelis… dans le même cercueil. Je voudrais…. qu’il en soit …. fait de même …. pour Frédéric  et moi … Nous fêterons ainsi, unis à jamais… notre quatrième….anniversaire… de mariage ! Tu promets maman ?

 

Eperdue, serrant sa fille très fort dans ses bras, le visage ravagé par le chagrin, Josépha promit !

 

- Je voudrais te dire aussi…ma petite maman chérie, que tu as été, que tu es… une maman … admirable. Je t’aime ma maman… et sache… que je serai …toujours…près de vous ! 

 

- Papa ? Tu es là aussi…. ?

 

 Puis étendant ses deux bras, vers ceux,  qu’elle seule pouvait voir :

 

-  Oui ta Ché...ru ….bine…pour toujours !

 

Après avoir prononcé ce dernier mot, Camille ferma les yeux.

Le monitoring émit un long sifflement. Une infirmière entra affolée, mais ne put que constater, que les tracés des huit canaux de courbes étaient plats.

Camille avait cessé de vivre.

 

 

Près de trente six années plus tard, dans cette chambre de la maison de retraite, en évoquant ce douloureux passé, le visage de Josépha était inondé de larmes. Elle se souvenait de tout dans le moindre détail, elle avait bien sûr respecté la dernière volonté de Camille comme elle le lui avait promis ; Elle avait également élévé sa petite fille et assumé son éducation,   avec l’aide pécuniaire des parents de Frédéric, qui meurtris à jamais, par le décès de leurs fils et de leur bru, ne revinrent jamais en France. Josépha et Maxine continuèrent à vivre dans cette magnifique propriété sur les hauteurs de Nice et, si jamais plus, Josépha ne contempla le soleil se coucher, elle vivait en permanence dans le souvenir de son enfant et très souvent, lorsqu’elle l’évoquait, il lui semblait sentir sa présence toute proche et entendre ces mots :

            - Je serai toujours près de vous !

 

Maxine poursuivit de brillantes études à l’instar de ses parents. Elle obtint une licence en droit public et devint une brillante économiste. Autant que le lui permirent ses études, elle alla séjourner régulièrement chez ses grands-parents paternels aux États-Unis, jusqu’au jour où ceux-ci disparurent, lui léguant toute leur fortune. Maxine se retrouva en outre, à la tête d’une chaîne de restaurants et à l’âge de vingt cinq ans, décida de quitter la France pour s’installer définitivement à New -York. Si elle avait hérité de ses parents de grandes capacités intellectuelles, son coeur était froid, malgré tout l’amour que lui avait prodigué Josépha, réalisant le moindre de ses désirs, afin que la fillette n’ait jamais à ressentir le terrible manque de ses parents, dont du reste, elle ne garda aucun souvenir étant bien trop jeune, au moment de leur départ. Pourtant Josépha l’éleva dans l’amour de cette mère et de ce père, qu’elle n’avait que si peu connus. Mais Maxine n’était pas sentimentale, seule sa vie professionnelle avait  d’importance  et c’est pourquoi,  lorsqu’elle décida de quitter la France, elle n’hésita pas un seul instant, à vendre la propriété où tous avaient  vécu et à  « placer en résidence » cette grand-mère âgée et si méritante.
Les premières années, elle venait la voir deux fois par an, puis ce ne fut plus qu’une fois, les présents remplacèrent ensuite, la visite annuelle et les lettres finirent par remplacer les présents . Cela faisait bien des années, que Josépha, à presque quatre vingt douze ans, n’avait plus aucune nouvelle de Maxine. Elle avait appris au cours de ces échanges épistolaires, qu’elle s’était mariée, puis qu’elle avait eu  des jumeaux, dont elle lui avait fait parvenir la photo de naissance. Puis plus rien !


Elle s’était remémoré ainsi, sa vie,  dans les moindres détails, devant ce plateau de petit déjeuner, que maintenant Mireille revenait chercher :

 

- Avez-vous terminé madame Magnant, puis-je récupérer le plateau ?

 

- Oui Mireille, je vous en prie, faites !

 

- Ha ! Vous avez encore pleuré Madame Magnant ! 

 

dit Mireille et déposant aimablement un baiser sur le front de Josépha,

 

- Il ne faut pas, cela vous fait du mal de repenser à tout ça ! Regardez plutôt, comme il fait beau dehors, le soleil brille, de tout son éclat, tout annonce le retour du printemps, ne voulez- vous pas descendre dans le parc ? Je vous y accompagne !

 

- Non Mireille! Je crois bien que je vais dormir un peu ! A mon âge l'on se fatigue si vite, même si l'on ne fait rien !

 

Et Josépha, dès que la porte se fut refermée sur elle, se laissa lentement glisser sous les couvertures, cacha son visage dans son oreiller, et pleura longuement...avant que de pouvoir trouver le sommeil.

 



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Dominique

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Lundi 15 septembre 2008

 Le médecin ému, lui prit les mains et les serrant très fort, dans les siennes, murmura :

 

- Hélas Madame !  Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, mais en vain !

 

Josépha se recroquevilla sur sa chaise. Déjà elle était loin, très loin et n’entendit plus de l’homme qui parlait, qu’une voix rauque, saccadée, comme si chaque syllabe qu’il prononçait lui parvenait ouatée, comme une bande-son, que l’on ferait se dérouler au ralenti.

 

Puis sortant de sa torpeur, elle entendit alors distinctement.

 

- Madame, l’opération de Camille n’étant pas terminée, je vous propose d’aller  vous étendre dans notre salle de repos, Je vous y apporte un sédatif, qui vous est plus que nécessaire, après le choc terrible que vous venez de subir.

 

- Non Docteur, dit Josépha dans un souffle, ma place est ici  auprès de ma fille, même si je ne peux la voir, j’attendrai autant qu’il le faudra. J’ai tout mon temps !  Oui… j’ai tout mon temps  !

 

Se levant lentement, comme une somnambule, elle se dirigea vers la salle d’attente, où un long supplice commença alors.

 

Tandis que la pendule égrenait les heures, Josépha, immobile sur sa chaise, le dos fléchi, serrait de ses mains crispées, les pans de sa  veste, dans laquelle elle s'était pelotonnée, comme pour se protéger d’un danger imminent.  Malgré le beau soleil d’été qui brillait, par-delà la baie vitrée, son corps était transi. La scène paraissait surréaliste. Moins de quatre heures auparavant, deux êtres jeunes et beaux partaient en vacances. Maintenant, l'un d’entre eux, avait cessé de vivre et l’autre, luttait contre la mort. Comment pouvait-on imaginer cela ? D’ailleurs Josépha n’imaginait pas, elle n ‘imaginait plus. Ses pensées étaient confuses, embrouillées, elle attendait, simplement ! Elle attendait, que l’on veuille bien lui donner des nouvelles de son enfant, près duquel, elle ne pouvait se trouver, alors que c’était le moment même de sa vie, où  il avait le plus besoin de sa présence, même si encore inconscient.

 

Elle entendit des pas dans le couloir. Ceux-ci se rapprochant, elle se leva n’y tenant plus et alla voir, si la personne, était enfin quelqu’un, venant l’informer. En effet, c’était un chirurgien qu’elle reconnu à sa casaque et à son calot vert, elle remarqua même, qu’il avait encore ses sur-chaussures. Que venait-il donc lui annoncer ?

Elle eut l’impression, que son cœur allait s’arrêter de battre et un voile, vint troubler son regard. Elle tituba et dut se tenir au mur, pour retourner s’asseoir. Elle vit alors, la haute stature du chirurgien, apparaître dans l’embrasure de la porte. Instinctivement elle se tassa un peu plus sur sa chaise, comme l’aurait fait un enfant, pris en faute et craignant la sanction, qui allait lui être infligée.

 

- Madame MAGNANT, je présume ? Je me présente Professeur LINBAUD ! Avant toute chose, je tiens à vous rassurer Madame et vous dire, que l’opération s’est très bien passée et vous pouvez me croire, après vous bien entendu ; J’en suis le premier heureux. J’ai beaucoup d’affection pour Camille et j’ai tenu à faire partie de l’équipe chirurgicale qui a pratiqué cette opération. Il y a eu plusieurs lésions, causées par cet accident,  mais pour l’heure, je puis vous assurer , que tout est pour le mieux,. Camille est encore en salle de réveil et dès que possible, nous la transporterons dans sa chambre. Mais vous pouvez d'ores et déjà, vous rendre dans celle-ci, une infirmière va vous y conduire, vous serait bien mieux pour l’attendre.

 

Josépha avait écouté le chirurgien dans un silence quasi religieux. Elle était heureuse ! Oh combien, mais elle  n’arriva pas à exprimer ce bonheur, cette joie, de savoir que sa fille avait survécu à l’opération et que tout, progressivement, irait vers l’amélioration de son état. Le choc avait été trop fort. Elle ne put que remercier, pour ce que tous, avaient fait, pour préserver la vie de sa fille et partit, accompagnée d’une infirmière dans la chambre, où devait être transporté Camille dès son réveil.

 

L’infirmière ouvrit la porte, l’engagea à se reposer dans un fauteuil et lui proposa une boisson chaude, dont elle déclina l’offre, d’un hochement de tête et d’un léger sourire. Elle  attendit...

 

Des bruits de roulement dans le couloir, se firent entendre, des murmures derrière la porte, Camille devait être là. En effet, la porte s’ouvrit et Josépha put enfin voir sa fille. Elle était encore sous l’effet de l’hypnotique,  mais ne dormait pas. Le lit fut poussé à la place lui étant réservée et Josépha, se retrouva à quelques centimètres  de sa fille. Le beau visage de Camille, était  tuméfié, meurtri, un gros pansement lui recouvrait une arcade sourcilière. Josépha ne put retenir ses larmes.

 

- Ne pleure pas Maman, je t’en prie ! murmura Camille.

 

- Ma petite chérie, ma petite chérie, je suis tellement heureuse ! Tu nous…Vous nous avez fait tellement peur sais-tu ?

 

- Oui je m’en doute bien maman et j’en suis désolée ! Mais où est Frédéric, il n’est pas avec toi ?

 

- Fré...déric ?

 

- Oui, je me suis tellement inquiétée pour lui et l'on m’a dit, qu’il n’avait eu que des blessures superficielles.  Je suis si heureuse. Je ne savais rien de ce qui était advenu  de lui, j’ai imaginé le pire. Quel soulagement lorsqu’on m’a dit. C'est pourquoi,  je suis étonnée, qu’il ne soit pas avec toi !

 

Les infirmières qui terminaient de mettre en place le monitoring, afin de suivre l’évolution des paramètres vitaux, d' insérer les cathéters et autres perfusions, lancèrent à Josépha des regards entendus, pour lui faire comprendre que, Camille n’était au courant de rien, concernant la triste réalité.

Il lui fallut donc, contre sa volonté mais, dans l’intérêt de sa fille et  pour la seconde fois de sa vie, lui mentir.

 

Voulant au plus pressé éluder ce questionnement, Josépha fit diversion.

 

- Souffres tu beaucoup ma chérie ? Ton visage n’est presque pas marqué, juste l’arcade…

 

- Je ne souffre pas maman, je suis sous sédatifs, mais je me sens si faible, si tu savais !

 

Les infirmières avaient maintenant quitté la chambre et Josépha se retrouva seule auprès de son enfant.

Combien elle aurait aimé la serrer contre elle, lui dire qu’elle venait de vivre les plus terribles instants de sa vie, mais elle se contenta d’affleurer son front d’un baiser, de lui caresser les mains et de lui sourire.

 

- Maman !  S’il arrivait que je ne m’en sorte pas…. !

 

- Je t’en prie ne dis pas cela Camille !!  Cria Josépha.

 

- Maintenant tout va aller pour le mieux  ma petite fille, après nous rentrerons chez nous, où nous attend  Maxine ! 

 

Maxine … Elle se rendit compte alors, que tout à son angoisse, elle n' avait que très peu pensé à l’enfant, durant tout ce temps.



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Dominique

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Dimanche 14 septembre 2008

Les parents de Frédéric qui depuis leur départ pour les USA étaient revenus en France chaque été, avaient invité le jeune couple chez  eux  à New York, pensant que cela leur procurerait quelques jours de détente, dont ils avaient un bien grand besoin et leur permettrait, par la même occasion, de connaître leur restaurant gastronomique, situé dans le quartier de " Soho " à Manhattan et qui, depuis son ouverture trois ans auparavant, avait acquis une belle renommé. Josépha était ravie que de voir ses enfants s’accorder un peu de détente, leur profession était si dévorante, si astreignante. Ce séjour pensa-t-elle, leur fera le plus grand bien et de plus, elle était très heureuse à la pensée  de pouvoir à plein temps, s’occuper de Maxine.  Frédéric et Camille avaient réussi dans leur emploi du temps, à intégrer ces quelques jours de villégiature, afin que de pouvoir fêter leur quatrième anniversaire de mariage à NY.

Le jour du départ arriva enfin, Camille était aussi fébrile que l’aurait  été un enfant, tout à sa joie de partir et malgré le chagrin de devoir quitter sa fillette,même si ce n’était que pour une semaine; Chose qu’elle n’avait jamais  faite.  Mais elle se consola en se disant, qu’elle n’avait rien à redouter puisque Josépha, sa mère,  était là. Elle pouvait partir en toute quiétude. Les dernières recommandations, la vérification que de n’avoir pas oublié les passeports….  Oui ! Ils étaient  bien dans la poche de son sac de voyage !  Les valises étant déjà dans la voiture. Un  gros baiser à chacun, encore un bisou à Maxine, gracieuse dans les bras de Josépha et les voilà partis pour l’aéroport de Nice. Au détour du chemin, Camille qui avait baissé la vitre de la voiture, agita sa main en signe d’au revoir, tout en regardant dans le rétroviseur, s’éloigner la route et les deux êtres, qu’elles aimaient le plus au monde, avec son époux. La voiture disparut et Josépha regagna la propriété.  la fillette toujours dans ses bras.

 

Alors que Maxine jouait,  sagement assise sur le tapis   et que , sa grand-maman, tout en feuilletant une revue veillait sur elle , le carillon de la porte d’entrée retentit. Josépha, posant sa revue, alla ouvrir et se trouva en présence de deux gendarmes.

 

- Bonjour, Madame MAGNANT !

- Bonjour Adjudant !  Bonjour Brigadier !

 

 Répondit Josépha dans un sourire aux deux personnes, qu’elle connaissait pour les avoir croisées  souvent .     

 

-Je vous en prie entrez ! Mais que me vaut l’honneur ?

 

 L’adjudant, pourtant rompu à ses devoirs, était gauche et ne savait trouver les mots justes, face à Josépha courtoise, comme à l'accoutumée.

 

- Madame MAGNANT,…. Vous savez l’estime que nous vous portons et, croyez bien que …..

 

Le visage de Josépha changea soudain, de même que le ton, de sa voix.

 

- Mais que se passe-t-il Messieurs ?  Je vous en conjure Adjudant, parlez   !

 

- Nous sommes navrés Madame, ce n'est pas facile à dire, mais votre fille et votre gendre,viennent d’avoir un accident de voiture, sur la route de l’aéroport.

 

- No..oon !  Cria JoséphaMais ce n’est pas possible !!  Est-ce très grave ?  Où sont-ils ?  

 

- Vos enfants ont été transportés à l’hôpital Pasteur. Nous ne pouvons pour l’instant, vous donner davantage d’informations ? Madame MAGNANT,car l’accident vient de se produire, nous venons de recevoir un appel nous en informant.

 

 Josépha, une main devant sa bouche, tremblait de tous ses membres.  Immobile, elle n’arrivait pas à recouvrer ses esprits, seuls les pleurs de l’enfant que les hommes en uniformes et le cri,de sa grand maman,  avaient effrayée, la ramenèrent à la réalité. 

 

- Avez vous quelqu’un qui puisse  vous conduire à l’hôpital ? S’enquit l’adjudant.

-
Si nous pouvons vous êtres utiles ?

 

- Je vous remercie Messieurs,!  J’ai ma voiture !

 

Émus et compatissants, les deux hommes la saluèrent et prirent congé.

 

Josépha était livide, elle demanda à la gouvernante après l’avoir informée, de s’occuper de l’enfant et c’est, mue  par des automatismes, comme en un état second, qu’elle monta dans sa voiture, mit la clé de contact et prit la route de l’Hôpital.  Tout se brouilla alors dans son esprit.

 

Elle soliloquait :

 

- Mais comment est-ce possible, ils viennent tout juste de partir ? Que s’est-il donc passé ? Ma fille, ma petite fille ! Et  Frédéric ! Mon Dieu, ce n’est pas vrai !! Non ce n'est pas vrai ! Le destin se joue de nous, Les voilà retournés, dans l’hôpital même, où tous deux exercent, mais cette fois hélas, en qualité de patients. 

 

Elle arriva enfin. Elle connaissait bien l’hôpital où, du reste, bien qu’étant un très grand pôle, beaucoup de chirurgiens, d ’internes et de membres du personnel, la connaissait ,comme étant la mère et belle-mère des renommés Chirurgiens PONTEL.

 

A son arrivée aux Urgences, une infirmière l’accueillit.

 

- Je vous en prie Madame MAGANT, si vous voulez bien me suivre, vos enfants sont en de bonnes mains, soyez en assurée. Ne vous affolez pas, tout se passera bien !

 

Combien de fois, lorsqu’elle s’était trouvée dans les couloirs d’un  hôpital, Josépha avait-elle entendu ces mêmes propos, qui se voulaient lénifiants, apaisants; Formulés à des personnes choquées. Mais cette fois, c’était à elle, que ceux-ci s’ adressaient. Elle se contenta de suivre à pas pressés, l’infirmière qui la conduisait.

 

Elles arrivèrent enfin dans le service « Chirurgie » . Le destin décidément,  n’avait pas lésiné. Même hôpital, même service . Un médecin, que curieusement,  elle ne connaissait pas, se dirigea vers elle. 

 

- Madame…. Vous êtes n’est-ce pas, la maman de Camille PONTEL?  Je me présente Docteur  MARCHAND!

 

- Oui Docteur je suis sa  maman ! Comment vont  mes enfants ? Je vous en prie répondez-moi ! Répondez moi !

 

Le praticien l’avait engagée à entrer dans son bureau et priée de s’asseoir.

 

- Madame, je ne vous cacherai pas, la gravité de l’état de votre fille, toutefois Camille est en salle d’opération et je peux vous assurer que tout se déroule pour le mieux !

 

Josépha sentit le sol se dérober sous ses pieds, mais elle eut encore  la force d’articuler :

 

- Et  Frédéric ?




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Samedi 13 septembre 2008

 

                                               6 ème partie

 

 

 

Sans jamais ménager sa peine, Camille voyait s’accroître sa notoriété, elle devint très vite un chirurgien de renom. Un bonheur n’arrivant jamais seul, elle eut la joie d’apprendre, qu’elle portait le fruit de son amour. Elle en fut émue aux larmes et, ne vécut dès lors, que dans l’attente de la naissance de ce petit être, qui se développait en son sein. Elle exerçait toujours, malgré les fréquentes  nausées dont elle était prise, et cela, même en cours de journée, car très sensible aux odeurs, comme le sont souvent les femmes enceintes. Mais au terme des  trois premiers mois, celles-ci cessèrent. Camille en était à son quatrième mois de grossesse, lorsqu’un soir, alors qu’elle était couchée, elle ressentit pour la première fois, cette fabuleuse  émotion  pour une future maman : 
                             
                         Son bébé bouger !  

Elle porta instinctivement,  la main à son ventre, en poussant un petit Oh ! De surprise et de bonheur.

 

  - Il a bougé Chéri ! Il a bougé !

 

Saisissant la main de Frédéric, entre les bras duquel, elle était blottie; Elle la posa à l’endroit même où, quelques secondes plus tôt, elle avait ressenti cette extraordinaire sensation. 

 

- Attends ! Sois patient , tu vas le constater aussi !  Oh ! Voilà ...! Tu as senti  ?

 

Frédéric en effet avait ressenti, comme une petite vaguelette, sous sa main et il fut envahi par l ‘émotion.  Les deux imminents chirurgiens, n’étaient plus alors, à cet instant, que deux futurs parents émerveillés, face à l'un des plus beaux miracles de la nature.

Les mois passèrent, Camille se portait comme un charme et sa grossesse, se déroulait dans les meilleures conditions.  Ni elle, ni son époux n’avaient désiré connaître, le sexe de l’enfant à naître, voulant jusqu’au bout, conserver ce bonheur de la surprise. Ils avaient, comme il se doit, choisi, le prénom du futur bébé. Le choix s’avéra aisé, car Camille se l’était promis avec l’ assentiment de Frédéric ; Si c’était un garçon ce serait :  Maxence, comme son grand-papa et, si c’était une petite fille eh bien ! Ce serait Maxine ! 

Ce fut une petite Maxine qui vint au monde, un mois plus tard.

Camille se sentit fondre de bonheur malgré les douleurs de l’enfantement et son épuisement, lorsque, on lui déposa au creux des bras:  Sa fille. Sa fille ! Elle n’arrivait pas encore à réaliser que ce petit être, qui vagissait, de toute la force de ses petits poumons ; C’était elle, qui venait de le mettre au monde. Et comme pour chacune des mamans, en pareil instant de ce bonheur inoubliable ; C’était le pus beau bébé que la terre eut jamais porté.

 

Monsieur PONTEL père, le papa de Frédéric, cuisinier et  titré  « Meilleur ouvrier de France » était à la tête de trois restaurants, disséminés dans l’hexagone. Un an après la naissance  de Maxine, il en ouvrit un  quatrième, dans le quartier de Manhattan à NEW -YORK. Avec son épouse, ils décidèrent, pour le lancement de celui-ci et, pour un temps indéterminé, d’aller s’installer  là-bas, leur rêve commun depuis longtemps. Ils laissèrent donc à leur fils et à sa petite famille, leur résidence, située sur les hauteurs de Nice, où, le couple vint s’installer après avoir obtenu leur poste à l’hôpital «  Pasteur » dans les locaux du pôle des spécialités Médico-chirurgicales. Camille demanda à Josépha, si elle accepterait, que de venir vivre auprès d’eux, dans un pavillon adjacent  où, bien entendu, elle posséderait tout le confort et sa tptale dépendance. Elle pourrait alors, continuer à s’occuper de Maxine, comme elle le faisait, depuis le retour à la vie professionnelle de Camille. Ce fut avec bonheur, que Josépha accepta cette proposition. Vivre à demeure auprès de cette enfant qui lui restituait  un peu de sa jeunesse ; Elle se revoyait jeune maman, s’occupant de Camille, Dieu que le temps passe vite pensa-t-elle.  Hier encore, ma Camille était une gamine et, la voilà aujourd'hui, maman à son tour.  Mon bonheur est à son comble !  Mais que pensait-elle là ? Elle chassa bien vite ce sentiment de son esprit, s’en voulant même que de l’avoir éprouvé.

J’ai déjà ressenti ce grand bonheur, dit-elle et… Il ne faut pas juger un bonheur trop grand, jamais !

Sous le climat de la Côte d’Azur, dans des senteurs de lavande et de mimosa,  la fillette poussait telle une fleur, parmi les fleurs. Tous les jours Josépha aimait à l’emmenait en promenades, toutes deux, accompagnées de " Derby ", le Dogue de Bordeaux, qui veillait tout aussi bien  sur la propriété, que sur l’enfant, envers laquelle il était d’une grande douceur. Au cours de ces balades, la fillette, s ‘ ébattait, gambadait dans la compagne. Lorsqu’elles rentraient, après que la gouvernante ait préparé le  goûter pour Maxine et le thé pour Josépha; Cette dernoère alla le déguster, dans la gloriette emménagée sur la grande terrasse, tout en  contemplant, de ce promontoire,  la Méditerranée  qui étendait ses eaux  d’un bleu profond et dans lesquelles, dans son incandescence, le soleil à son couchant, offrait tous les soirs, un tableau différent. Josépha après avoir couché l’enfant et dîné d’un repas froid, attendait le retour de Camille et Frédéric, pour regagner son pavillon. Cette famille unie, vivait dans une meilleuse harmonie.

Josépha aimait beaucoup Frédéric, gendre aussi charmant, qu’époux et père accompli.

 

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Dominique

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Samedi 6 septembre 2008

Durant les deux années qui suivirent, Josépha surprit quelquefois encore, sa fille en train de sourire, ou semblant écouter quelqu’un, mais ni l'une ni l’autre n’en parla jamais. A neuf ans, la fillette montra une intelligente remarquable et un esprit  très mature pour son âge. Son institutrice ayant constaté chez elle,  d’indéniables capacités convoqua, Josépha afin que de s’entretenir avec elle sur le potentiel qu’elle avait décelé chez l’enfant et lui demander la permission de lui faire sauter une classe. Josépha convaincue du bien-fondé, de la proposition, accepta cette perspective. Camille entra donc au lycée cette même année. Dès lors, le changement d’établissement, le fait d’avoir plusieurs professeurs et non plus une seule maîtresse, de rencontrer de nouvelles camarades, tout cela causa un bouleversement significatif dans la vie de l’enfant et annihila, ses comportements troublants, qui finirent par totalement disparaître. Josépha, se sentit rassurée, puis parvint même, à se persuader, que sa fille ne lui avait pas menti, lorsque deux ans plus tôt, elle lui avait avoué s’ennuyer toute seule.

Camille grandissait, tant en âge qu’en beauté. Les années passant, elle devint  une belle  jeune fille dont le charme n’avait  d’égal que l’ intelligence et la bonté.  En effet, elle était bienveillante et charitable, toujours prête à rendre service, se soucier du bien-être de chacun et à fortiori, de celui de sa maman qu’elle chérissait plus que tout au monde. Studieuse, s’intéressant à tout, elle poursuivait ses études de façon remarquable et obtint à seize ans un bac « S » avec mention.
Bien des années s’étaient écoulées, mais son orientation n’avait pas changé d’un iota, par rapport à sa détermination d’enfant. Elle serait chirurgien cardiaque et pas autre chose. C’est ainsi que sans jamais se départir de sa vocation, elle choisit le plus long cursus d’études qui se puisse être. Elle fut pendant six ans externe en hôpitaux, puis durant cinq autres années, interne et fit ensuite, un an d’assistanat. Au bout sa douzième année d’études, Camille, put pratiquer sa première opération. Elle avait vu se réaliser son vœu de gosse : Réparer les cœurs !  Elle avait enfin acquis le titre de Chirurgien en cardiologie !

 

" Réparer les coeurs ", n ’ excluait pas pour autant, que le sien puisse battre très fort et il battait très fort car, pour la première fois, elle était vraiment amoureuse. Elle n’avait, jusque-là, pensé qu’à sa mère, à ses études et à l’obtention de ses diplômes et dans un emploi du temps aussi chargé, elle n’en eut que très peu, pour penser à elle. Elle ne s’octroyant que quelques menus plaisirs.  Camille avait maintenant vingt huit ans et il était grand temps, qu’elle pensa à son bonheur. Elle alliait à ses compétences professionnelles, une grande beauté. Elle était grande, svelte, la taille bien prise, ses  cheveux d’un beau blond cuivré,  descendaient en une longue tresse, le long de son dos. Son visage, au teint à peine halé et aux traits purs, était éclairé par de grands yeux, d’un bleu sublime. Elle attirait bien des regards, mais les seuls, auxquels  elle était sensible, étaient ceux de Frédéric PONTE, collègue de promotion.  Ils se fréquentaient depuis quelques mois déjà et, savaient s’aimer suffisamment pour vouloir ensemble fonder une famille et réaliser ainsi, le second souhait de Camille : Avoir des enfants. Elle avait souffert d’être enfant unique et s ’ était promis, qu’elle en aurait plusieurs.  Elle épousa Frédéric, par un beau jour de juin; La bénédiction nuptiale , leur  fut donnée, dans une petite chapelle de l’arrière-pays Niçois, où sa future belle famille résidait. Dieu ! Qu’elle était jolie, dans son petit tailleur en organza de soie grège. Une simple toque de même ton, rehaussée, d’une petite voilette, complétait sa toilette. Elle tenait dans sa main droite gantée,  un bouquet de roses thé et souriait à son entourage; Mais ses yeux,  couleur myosotis, étaient embués de larmes. Bien malin, qui aurait pu en donner la véritable raison. Bonheur ? Certes ! Car il lui était acquis, mais aussi émotion et surtout, nostalgie… Car, ce fut au bras de son futur beau père, qu’elle dut pénétrer dans  la petite chapelle. Pourtant, au moment d’en franchir le seuil, alors que ses intimes, déjà assis dans l’oratoire, guettaient son entrée, Camille s’arrêta bruquement,tourna la tête et lorsqu’enfin, après quelques instants d'immobilité, elle reprit le cours de sa marche, rythmée par les accords de Mandelson, ses yeux étaient beaucoup plus brillants, son visage irradiait de bonheur. Les jeunes époux, n’avaient pas voulu, pour sceller leur amour, d’une fête somptueuse et, c’est dans une assistance, composée de leurs parents respectifs, de leurs témoins et d’un petit groupe d’amis , que ce jour-là, Mademoiselle Camille MAGNANT, devint Madame Frédéric PONTEL.

Ce fut de Josépha, après la naissance de sa fille et son propre mariage, le troisième plus beau jour de la vie.

 

 



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Dominique

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